Las Vegas… Irréel

Las Vegas. Le nom résonne comme des jetons de casinos, comme un film, une gerbe de lumière au milieu du désert. La ville du tout, du trop, de l’inutile et de l’immense. On dit que New York est démesuré, Las Vegas est la déraison incarnée. New York ne dort jamais, Las Vegas ne connaît pas ce mot. La nuit ne s’abat jamais dans les casinos bondés…ou devrais-je dire que le jour ne s’y lève jamais. De même dans les hôtels aux allures de villes.
Le Strip ressemble à un serpent étincelant de 6 kilomètres au milieu du désert. Nerveux comme un Taipan, imposant comme un boa constrictor et plus vicieux qu’une vipère. Le sang glacial de la ville coule de toutes les couleurs dans cette artère principale.

On rentre dans Las Vegas comme Alice dans le trou du lapin blanc. Cherchant un sens à quelque chose créé pour ne pas en avoir, s’efforçant de trouver un chemin dans un désert qui s’étends des miles devant et des miles derrière. Rencontrant des personnages fous dans un univers qui dépasse nos fantasmes les plus extrêmes. C’est ça Las Vegas. Fidèle à sa réputation mais à la fois à des lieues de ce qu’on peut imaginer.

J’ai plongé au cœur de cette Sin City en janvier. Le soleil était au rendez-vous. Le Strip s’étalait devant moi comme un tapis de jeu. Je ne savais où donner du regard, où lever les yeux. Il y avait tant sur si peu de mètres carrés. J’avais l’impression d’être dans un jeu de société. L’impression qu’on avait prit quelques grands monuments, qu’on les avait rétrécis et qu’on les avait lancé là, au milieu du désert, dans un désordre envoûtant. La Tour Eiffel, le Sphynx, l’Empire State Building… A quelques centaines mètres l’un de l’autre à peine, renfermant des mondes qui m’étaient encore inconnus.
Le hall de l’hôtel est immense, bondé. Tout brille, il y fait plus clair qu’à l’extérieur. L’hôtel est une réelle galerie marchande avec restaurants, bars, casinos (bien sûr) et magasins aussi divers que variés. Tout est attractif, coloré, lumineux, neuf et donne envie d’ouvrir son portefeuille. La chambre est grande et nous avons une vue sur le Strip. Je fonce à la fenêtre pour regarder d’en haut cette ville étrange et grouillante. En m’approchant, je ne peux que me rendre compte que j’ai été moi aussi happée dans cette spirale d’émerveillement, je suis hypnotisée malgré la décadence.

Je me rends vite compte que les couloirs de notre hôtel mènent vers d’autres restaurants, casinos, tout cela sans mettre le nez dehors. Las Vegas est aussi appelée « City without Clocks », les casinos n’ayant ni fenêtre, ni horloge afin de ne pas distraire les joueurs. En effet, les casinos sont immenses. Les hôtels sont plus impressionnants les uns que les autres. Un Canal avec des gondoles de Venise, la fontaine de Trevi, la Tour Eiffel, le tout sous un ciel ensoleillé, de jour comme de nuit. Je suis impressionnée. Tout y est tellement faux qu’on ne peut que se prêter au jeu. A quoi bon lutter et chercher le réel ? C’est impossible. Tout est fait pour prendre votre réalité, la briser et vous imposer celle-ci.

Ce soir là, je découvre aussi le Strip de nuit. Mes yeux ont du mal à s’adapter aux milliards de lumières et d’écrans autour de moi. Je fais partie des 36 millions de visiteurs par an à fouler ce boulevard mondialement connu…je suis minuscule. Encore plus qu’à New York.
Las Vegas et sa magie artificielle m’ont attrapé dans leur filets de lumières. Je me suis laissée portée par cette ville irréelle que j’ai découverte avec des yeux d’enfant et j’ai compris que derrière cette effervescence se cachait un côté sombre, noir, qui emporte les moins prudents vers le déclin. Tout semble si facile ici, tout y est tellement amplifié, surjoué que la chute est toujours proche de votre oreille à vous murmurer des mots vert comme les dollars, sucrés, alcoolisé, sexy.

Las Vegas, au milieu du désert pour n’être ni au Paradis, ni en Enfer. Un purgatoire au milieu du néant. A vous de choisir : rester ou partir. Je suis partie.

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