Quand j’ai rencontré Sandy

C’était en 2012.

Déjà deux ans.

Je vivais à East Harlem avec mes colocs et depuis quelques jours, l’alerte était lancée: l’Ouragan Sandy frapperait New York fin octobre.
A l’approche d’Halloween, Sandy est devenue « Frankenstorm« …
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La journaux ne parlaient plus que de ça, les affichettes fleurissaient sur les vitrines des magasins et bientôt, on se serait cru en temps de guerre. « Il faut faire des provisions« , « il faut acheter un stock de bougies« , « Il faut quitter l’appart, on risque d’être évacués« , toutes ces annonces nous foutaient un peu les jetons.
Nous suivions assidument les infos sur internet, les zones commençaient à être évacuées mais toujours pas chez nous. On a donc attendu.

Les métros ont commencés à fermer certaines stations, c’était le bordel pour se rendre au boulot, si bien que la veille de l’arrivée de Sandy, tout le monde a été prié de rester chez lui.

J’avoue que les médias ont joué leurs rôles: ils nous ont fait plus peur que l’ouragan. Mais on n’est jamais trop prudent.

Avec ma coloc, nous avons donc été acheter de l’eau et des pâtes, « au cas où »… Et on a bien fait! Le jour avant, les rayons du supermarché se sont vidés d’un seul coup. Les gens achetaient des denrées comme si la guerre était annoncée. On est reparties avec nos sachets de pâtes et nos bougies.

On ne savait toujours pas ce qui nous attendait.

Mes proches ne cessaient de me demander des nouvelles. Au vu du message lancé par les médias américains, j’ose imaginer ce qu’il en était de l’autre côté de l’Atlantique.

Pourtant, jusque là, Sandy était surtout sur les réseaux sociaux et dans nos têtes. A part quelques gouttes de pluie, il n’y avait encore rien d’alarmant.

Nous n’avons jamais vécu d’ouragan en Europe, nous étions donc assez tracassées quand à l’ampleur de ce qui était annoncé. Mais nos colocs américains nous semblaient particulièrement zen… « On va juste protéger les fenêtres et rester à l’intérieur« .
C’était tout? Pas de bunker prévu? On ne doit pas faire sa valise et prévenir notre famille? On doit porter un casque?

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Il y avait quelques arbres dans notre backyard et je voyais parfaitement l’image de l’un d’eux venant atterrir au beau milieu du salon. Mais ça n’arriva pas.

En début de soirée, on s’est tous rassemblé dans la cuisine et on a dîné tranquillement. Ensuite, on a joué à se maquiller et on a bu du vin. On a décidé d’arrêter de regarder les infos toutes les cinq minutes pour notre bonne santé mentale.

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De la fenêtre, un vent mauvais se levait pourtant. Les arbres bougeaient plus fort et plus vite que d’habitude.

Notre table de jardin aussi.
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Côté rue, les branches commençaient à s’envoler, comme pressées de se rendre quelque part. Les bâches que certains avaient mit sur le voiture s’accrochaient tant bien que mal.

Nous sommes sorti sous le porche pour fumer. Le bruit du vent nous a surpris. Un grondement dans l’air, des sifflements, des bourrasques inattendues qui, même protégées, arrivaient à nous faire tanguer.

Puis la pluie est arrivée. Violente, d’un seul coup. Elle venait frapper contre les vitres par vague; si l’appart avait oscillé, on aurait pu se croire sur une mer déchainée.

Mais de l’intérieur, on n’entendait à peine la tempête. Nous sommes donc resté éveillé jusqu’à environ 3h du matin. On a dansé, on a joué, on fait un karaoké sur les chansons Disney et on a regardé un film (On a regardé Twister. Ben quoi?).

On a rassuré nos proches parce qu’on avait toujours internet. On a aussi laissé les bougies dans leur emballage. Puis on est allé dormir. En se demandant si Sandy était vraiment venue…

C’est le lendemain matin, lorsqu’on s’est réveillé sous un ciel gris et toujours pluvieux qu’on a prit conscience de l’ampleur d’un Ouragan. Avec ma coloc, on a décidé de s’habiller chaudement et d’aller se balader dans la quartier, histoire de voir si tout allait bien.

Et bien… Pas vraiment.


A quelques rues à peine de chez nous, les arbres étaient déracinés, l’entrée au petit parc était fermée et surveillée par la police, le bord de l’East River était désert, pas de voiture, route fermée. Des débris de toutes sortes encombraient les voies et commençaient à être déblayés par les services de la ville.
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Un échafaudage n’avait pas tenu le coup et des planches s’étaient encastrées dans une voiture garée non loin de là. C’était digne d’une scène d’un film avec Will Smith.

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Les bords de l’East River n’avaient pas été épargné, ni la plaine de jeux, à quelques pas de là…

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On a acheté une pizza et le journal. Downtown était sous l’eau, il n’y avait plus d’électricité pour la plupart des ménages, et les dégâts causé par Sandy s’élevaient à des milliards de dollars (Sandy est classé Ouragan le plus couteux des US, derrière Katrina en 2005). Sandy avait été meurtrière aussi…

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Nous n’avons rien vu venir et nous l’avons à peine vue passer.

Mais Sandy était bien là, elle s’est déchaînée. Alors oui, les médias nous ont semblé en faire des tonnes mais je me dis que si j’avais été dans le bas de l’île, j’aurais certainement vu tout ça différemment…

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