Le jour où j’ai accepté d’être expat

Au début, quand on voyage, on veut toujours « faire comme les locaux », « manger comme les locaux », « fréquenter les locaux », parce que non, nous ne sommes pas des touristes. Non, nous cherchons les choses à voir « hors sentiers battus ». Comme tout le monde, au final.

Quand on passe plus de temps dans une ville étrangère, on ne veut pas « fréquenter des belges ou des français », parce qu’on ne vient pas au bout du monde pour trouver ce que l’on a quitté. Non, non!

Pourtant, avec le temps (l’âge et l’expérience jouant certainement), on envisage une vie ailleurs autrement. J’ai accepté de n’être ni une locale, ni une touriste, ni une voyageuse, ni médecin sans frontière, ni Beyoncé. Juste une expatriée. Bien dans son pays d’accueil mais qui respecte le pays qu’elle a quitté et qui surtout n’oublie pas ce qu’elle a quitté.

J’ apprécie la compagnie de compatriotes, j’apprécie de parler français AUSSI, je suis triste de ne pas avoir de gaufres de Liège (alors que je n’en mangeais pas si souvent en Belgique), j’ arrive à pester sur la mayonnaise dégueu nord-américaine, je m’exclame sur le prix d’une bière (non mais ho, elle est à 3 euros la blanche chez nous!), j’écoute Vivacité en streaming, je n’aime pas le beurre de cacahuète et ça fait une plombe que je n’ai plus mangé du fromage qui n’a pas la couleur d’un ballon de basket.

J’aime cette (déjà) nostalgie et je l’accepte avec beaucoup de fierté. Cela fait partie du jeu.

Parce qu’à côté, il y a tellement de choses que j’aime dans ce pays que ces petites choses me rappellent un peu d’où je viens. Elles sont nécessaires. 561428_10208129931979738_7930745491550998097_n

J’accepte d’être loin d’un pays que j’aime mais que j’aurais certainement aimé différemment si j’étais restée.

Le jour où l’on a compris cela, on voyage différemment. On voyage avec nous-même, avec notre vécu et nos racines, nos repères et notre culture ce qui nous permets d’apprécier un pays bien mieux qu’en essayant de se fondre dans une masse à laquelle on n’appartiendra jamais.

 

Aujourd’hui, je suis l’heureuse expat belge qui parle frites et sirop de Liège en mangeant de la poutine. Je ne serais jamais américaine, jamais canadienne parce que

Je suis belge, une fois. 

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2 commentaires (+add yours?)

  1. Une Occidentale en Chine
    Avr 28, 2016 @ 07:34:57

    Je suis d’accord avec toi ! D’ailleurs je voulais en parler dans mon blog mais pour la Chine. Il faut savoir s’intégrer et pas rester dans sa bulle mais il faut savoir aussi d’où on vient et savoir garder cette part. Très bel article en tout cas !

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    • Nicky
      Avr 28, 2016 @ 12:39:08

      Merci pour ton commentaire. Je pense que partout, il faut savoir s’intégrer à la culture et à la vie quotidienne locale, je voulais juste souligner qu’il ne faut pas essayer de se l’approprier pour autant, car en tant qu’expat, nous n’avons pas tous les codes pour en comprendre l’entièreté. Malgré tout, le voyage et l’expatriation sont autant d’atouts dans la compréhension d’une culture autre que la nôtre, dans l’ouverture d’esprit et, justement, dans l’intégration.

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