Retour à New York…

New York…

Un nom qui fait rêver, encore aujourd’hui.

Pourtant, après quelques voyages dans la Big Apple, je vois les choses autrement.

Je vois la foule dans midtown, là où je n’avais d’yeux que pour le Rockefeller et l’Empire State Buidling.

Je vois la saleté du métro, les retards et la masse de gens se pressant aux portes, là où je voyais un moyen de transport si pratique.

Je vois les touristes émerveillés et lents, s’arrêtant à tout bout de champs pour consulter leur smartphone ou pour prendre une photo pour immortaliser cette « première fois », une foule sans nom et sans visage dont je faisais partie moi aussi.

Je vois les sans abris, plus nombreux, plus jeunes, le regard implorant devant la foule trop indifférente, trop pressée.

Je vois les ombres crées par le béton froid, là où je ne voyais que la lumière d’une nouvelle ville à découvrir.

Je vois les grattes-ciel qui s’élèvent, plus nombreux, plus hauts, plus futuristes. Ils modifient la skyline si célèbre de Manhattan, celle que j’ai admiré il y a si longtemps déjà.

Je vois le « New York à la mode », accessible à tous et à n’importe qui, là où il était pour moi le voyage d’une vie entière.

Je vois le New York de la toile, des blogs et des pages, qui vantent ses méritent et ses promotions, ses hôtels « proches de Time Square » et ses bons plans tellement pas uniques.

Je vois la perte d’authenticité d’une ville où le tourisme fait pourtant Foi.

Je vois des millions de dollars dans des tours que personnes n’habitera jamais.

Parc d’attraction à taille irréelle, foire à ciel ouvert, un cirque sans chapiteau.

New York es-tu réellement devenue ce que je vois ?

DSC_0872« Approchez, approchez! Venez découvrir l’Amérique! »

Pourtant, aujourd’hui encore, je vois toujours le soleil sur Central Park et les bribes du rêve américain qui s’accrochent au sommet d’une jungle urbaine.

Je vois toujours l’espoir d’un meilleur avenir dans les yeux des passants.

Je vois toujours une ville-symbole d’absolument tout ce que l’on veut et où tout est possible.

Je vois toujours les traces de mes premiers pas qui me rappellent mes premières émotions, mon premier voyage, mon premier regard.

Je vois Miss Liberty, le Brooklyn Bridge et les bords de l’Hudson résister au changement et être les témoins du temps qui passe, du temps qui change.

J’aime cette ville différemment.

Je l’aime malgré les ombres derrières le Chrysler, malgré les failles derrière le rêve, malgré les bruits qui courent et trébuchent, malgré les autres.

Je l’aime pour de vrai. Même sans lumière, sans filtre et sans fard.

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New York a laissé cette empreinte indélébile en moi. Il y aura toujours ce « quelque chose » même si elle est différente dans son indifférence.

Je le suis probablement peut-être aussi.

Comment pourrait-il en être autrement.

C’est New York, après tout.

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Au boulot! (Part I)

Trouver du travail à Toronto

Comment ça se passe? Par où commencer?

Peu de temps après notre arrivée, nous avons décidé d’effectuer notre PVT à Toronto. Après avoir trouvé un logement (articles ici et ici), il est temps de chercher du boulot!

Par où commencer?

Tout d’abord, arranger son cv au format canadien! Ce n’est pas évident au début mais une fois que l’on a compris le truc, ça va tout seul.
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Attention, ici, le cv doit correspondre au poste pour lequel vous postulez. Il faudra donc le faire autant de fois que vous allez solliciter une entreprise pour un poste.

Mettez en avant vos qualifications directement reliées au poste convoité, ensuite parlez brièvement de vos parcours professionnel et scolaire.

N‘oubliez pas de mentionner vos éventuels bénévolats, c’est un réel atout ici. En effet, le concept de « giving back to community » est très apprécié.
Les intérêts personnels sont peu regardés par les employeurs, sauf si ceux-ci ont un intérêt direct pour le poste.

Dans la partie sur votre parcours pro, n’omettez pas d’y indiquer vos accomplissements avec des exemples concrets (très demandés, on y reviendra dans la partie « interview »).
Vous postulez pour un job dans l’évènementiel? Détaillez un ou plusieurs projets menés à bien: nombre de personnes, délais donnés,…
Un job administratif? Décrivez rapidement vos tâches journalières, donnez des chiffres ( nombre d’appels ou d’emails à gérer par jour, nombre de mots tapés à la minute,…)

Pas évident de faire rentrer tout cela sur deux pages (trois grand max)! Pas évident non plus de « choisir » ce que vous devez mettre en avant… On a envie de tout écrire!
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Pour commencer, j’ai fait un résumé complet pour moi. J’y ai indiqué tout, dans le format canadien. Ensuite, il vous suffira d’aller repêcher les points utiles.

Le plus important: cibler vos envies! Vous n’êtes pas non plus ici pour subir un boulot mais pour avoir l’opportunité d’une réelle expérience.
Cette expérience doit aussi répondre à VOS attentes. Que voulez-vous faire? Quels sont objectifs? sont les premières questions à vous poser!
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Malgré l’effervescence de l’arrivée, la nouveauté et tout le reste, prenez un moment au calme pour y penser. I mean it, seriously.

Où chercher?

Les sites d’offres d’emplois regorgent évidemment de postes à pourvoir. On vous dira que ce n’est pas la meilleure solution mais je vous conseille quand même de les utiliser. Cela vous permettra d’avoir un aperçu des postes et surtout des descriptifs de ceux-ci.

Ensuite, le réseau. Rencontrez des gens qui pourraient être intéressants dans votre recherche d’emploi, participez à des soirées de networking, montrez-vous et distribuez votre carte!
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Le voisinage, les amis,… Dites que vous cherchez du boulot et ce que vous recherchez. N’ayez pas peur, cela se fait beaucoup et c’est comme ça que ça marche.

Pour les boulots types vente ou restauration, n’hésitez pas à vous présenter en personne dans les établissements avec un cv.
Parfois on vous remerciera simplement pour votre intérêt et votre cv ira rejoindre la pile; d’autres fois, on vous fera remplir un formulaire de candidature (ça rends la chose un peu plus officielle).
Si vous voulez vraiment bosser à cet endroit précis, il ne faut pas avoir peur de retourner un peu plus tard au magasin demander s’ils ont bien votre cv et quels délais pour devrez attendre pour une réponse. Si possible, demander directement à parler au manager…
Qu’avez-vous à perdre? Rien.

Ensuite, il y a les sites des entreprises et leur section « career« . Vous verrez directement les besoins de l’entreprise. Rien ne vous empêche d’envoyer une candidature spontanée en mettant en avant pourquoi vous pourrez apporter quelque chose de par vos expériences et/ou qualifications.

Sans oublier les agences de placement. Beaucoup d’agences placent les bilingues et trouvent des postes adaptés à votre niveau d’anglais. Elles révisent votre cv avec vous et vous placent dans l’une ou l’autre de leurs entreprises « clientes ».
Cela peut aller des postes dans des call-center à des postes plus précis. Une bonne alternative pour « mettre le pied à l’étrier »et rencontrer des professionnels pour vous aiguiller.

Francophone? Pas de soucis, le Centre Francophone de Toronto propose des ateliers gratuits et très intéressants: faire un cv, comment chercher, comment assurer à l’entrevue,… Ils ont également une section « emplois » sur leur site avec principalement des emplois bilingues. Le personnel est très sympa et vous y trouverez l’aide que vous chercher en français!

Pour ma part, j’ai utilisé à peu près tous ces moyens!
Successivement.

J‘ai envoyé des dizaines de résumés via Monster ou Indeed; j’ai postulé par candidatures spontanées; j’ai parlé à mes voisins notamment, de ma recherche d’emploi; j’ai été déposer mon cv dans des magasins, j’ai remplis des formulaires en ligne et j’ai participé à plusieurs ateliers au Centre Francophone.
Résultats? Aujourd’hui, j’enchaîne les interviews
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Autre conseil, la patience! En effet, pour vous donner un exemple, j’ai reçu le 20 octobre une réponse pour une candidature envoyée le 18 septembre! Pour une autre, il y a eu au moins 3 semaines d’attente.

Durant cette attente, je ne vous cache pas que le moral peut décliner. En effet, vos efforts n’ont pas l’air de payer et vous pourriez vous décourager.
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Mais surtout, il faut rester positif, profiter de ce temps libre pour visiter, aller au cinéma ou sortir! C’est aussi pour cela qu’on est ici: découvrir un autre pays et une autre culture.
Car une fois le boulot trouvé, vos loisirs deviendront certainement plus organisés…

En bref, pour commencer:

– Le résumé
– Les recherches, explorer TOUS les outils à votre disposition pour votre recherche
– La patience.. cette vertu!

Dans le prochain article, je vous parlerai des différents entretiens que j’ai passé: par téléphone, face à face ou en groupe.

STAY TUNED!

||Jurassic World|| Avis d’une nostalgique…

Inutile de préciser qu’en allant voir ce film plus de vingt ans après la sortie du tout premier volet, c’était moi qui avais plutôt l’impression de sortir de l’ère Jurassique

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De plus, nous avons été dans cette salle de cinéma qui n’a pas bougé d’un iota depuis à peu près 50 ans.
Et pourtant, là où le poids des années aurait du se faire sentir plus que jamais…. J’y ai retrouvé une part de mon âme d’enfant.
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Même si le film était une écaille un poil décevant au final, il fut tout de même source d’un retour vers le passé, un peu comme le ferait une madeleine de Proust.

Tout d’abord, on peut dire que visuellement, c’est une réussite. Les effets spéciaux sont à la hauteur des créatures : géants !
Même impression qu’en 1993 quand on découvrait les prémices de l’image numérique de grande qualité sur les écrans.

Quand les pattes ornées de griffes surdimensionnées s’ancrent dans la terre en gros plan, quand la pupille du reptile croise celles des personnages,… Tout ça, j’ai adoré !

Dommage qu’une des réussites visuelles soit dévoilée quasi dans sa totalité dans la bande-annonce. C’était une nouveauté (le dino aquatique) et avoir la surprise de cette créature aurait pu ajouter un petit crédit supplémentaire au film.
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Un goût de trop peu également, mais c’était peut-être une volonté de ne pas trop comparer le parc au très critiqué Sea World et éviter ainsi une pluie de critiques des défenseurs de la cause animale. (Oui, bon, c’est des dinosaures hein, quand même… Gardons la proportion des choses !)

Les paysages sont fabuleux et les dinos toujours aussi impressionnants. On ne peut s’empêcher d’avoir un frisson lorsque les premières images arrivent au son de cette musique si caractéristique.

Le parc en lui-même est too much. Vraiment.
Autant je pourrais croire à tout le reste (oui, je vous assure !), autant le parc est trop moderne, trop neuf, trop énorme, trop « dernière technologie », trop tout, pour que je puisse y croire.
Là encore, est-ce une question de génération ?

Pourtant, ils ont placés des références au premier volet ; j’ai envie de dire : indispensables pour attirer le public d’il y a 20 ans. Je les ai d’ailleurs attendues, voir cherché ces références…
Il manquait CELLE-CI , mythique pour toute une génération:
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Je regrette toutefois qu’il n’y ait pas eu une petite apparition d’un personnage de l’époque. John Hammond est évoqué évidemment, mais ça aurait été sympa d’avoir un clin d’œil supplémentaire. (Avis personnel d’une éternelle nostalgique, je vous a prévenu dans le titre…)
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Pour ce qui est de l’histoire… Je suis déçue. Ils ont voulu trop en faire, les personnages ne sont pas crédibles et même si les enfants auraient pu apporter un cachet supplémentaire, ils sont trop peu exploités (parler d’exploiter des enfants, c’est un peu bizarre, je vous l’accorde, mais vous avez saisi l’idée !).
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Le côté « les dinos sont des animaux comme les autres », ils peuvent s’apprivoiser, ont une conscience et communiquent avec l’homme plein de compassion et plein de bonnes intentions (l’homme qui murmurait à l’oreille des raptors)Je n’y ai pas cru.
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La partiebeau gosse –slash – histoire de love- slash-on s’y attendait pas du tout tiens- fermez les guillemets: superficiel et inutile dans un film comme celui-ci.
La tante coincée mais qui en fait ne l’est pas tout à fait, mouais. Et il parait qu’il y avait Omar Sy aussi…
Quand au méchant de l’histoire, je trouve qu’il aurait pu également être plus travaillé, plus recherché.
J’aurais voulu en savoir plus sur ses intentions afin de pouvoir lui coller l’étiquette de « méchant » (Qui ? Quoi ? Comment ?).
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Quand a la fin, je préfère l’occulter. Déception totale pour le dénouement! Bummed-WWE-Wrestler-Reaction-Gif

Pour conclure, je dirais que j’étais contente de retrouver l’univers de Jurassic Park, le visuel est vraiment sympa et on pourrait presque frissonner comme à l’époque à certains moments.
Le premier volet était une réelle découverte, une petite révolution. Ici, ce sont les retrouvailles. Comme si nous avions été les premiers spectateurs de cette avancée scientifique (ce qui est un peu le cas) et que nous retournions sur les pas de John Hammond.

Malgré les nombreux défauts, le côté too much à l’améwicaine, le placement de produits pas très discret tout au long du film,… Bref, malgré une production qui a voulu en faire un peu trop ; on regarde Jurassic World avec une certaine tendresse nostalgique qui nous rappelle notre enfance.
Avec E.T, je pense que la bande originale fait partie de celles qui suscitent en moi le plus d’émotions…
Alors ça, c’est juste pour le plaisir

Et qu’est-ce qu’on fait maintenant?

Pour les plus vieux moins jeunes, il ne s’agit pas de la chanson de Benny B
(bon, c’est malin, je l’ai en tête maintenant…)

Il s’agit de notre grand projet 2015: le Canada. Ayant obtenu notre PVT tous les deux (moi sans trop de mal, avec un peu plus de stress pour mon mari, mais on l’a!) voilà qu’arrive l’heure des préparatifs.

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On en parle depuis tellement longtemps que j’ai un peu du mal à réaliser que tout le reste va arriver très vite.

Une nouvelle étape a été franchie: l’achat des billets d’avion et la réservation de notre premier logement via Airbnb.
Une chose de faite!

L‘impression d’avoir franchi une nouvelle étape mais pourtant qu’il reste encore tout à faire!

D‘abord se poser la question qui va guider notre aventure:
Qu’est ce qu’on fait une fois là-bas?
Alors que l’on va se retrouver bien loin de notre Comfort Zone (de laquelle on n’a franchement pas à se plaindre: un toit, un boulot, des amis, une putain de sécurité dans à peu près tout) alors que l’on va « quitter » tout cela, on se demande pour quoi faire?

Chercher à se poser, trouver une ville qui nous plait, un boulot pas trop pourri et…transporter notre comfort zone tout simplement dans un autre pays? Se construire une vie mais ailleurs avec d’autres codes, d’autres gens, d’autres découvertes mais tout de même dans un quotidien rassurant.
Ou carrément mettre les voiles, prendre des boulots qui se présentent sur la route et se faire un road trip de fou? Plus de comfort zone, sécurité précaire mais une aventure de tous les instants?

N‘oublions pas que je suis loin d’être une grande voyageuse, je n’ai même pas de sac à dos (d’ailleurs quand j’en essaye un dans un magasin, j’ai l’impression d’être Franklin. La tortue pas Benjamin.). J’aime avoir mon petit confort (même s’il est enfermé dans une valise) mais ne serait-ce pas JUSTEMENT l’occasion de briser ce que l’on pense être pour découvrir ce que l’on est?
Et au final, si je suis ce que je pensais être, tant mieux, ce ne sera qu’une confirmation.
Et si je suis à l’opposé de ce que je pensais être, tant mieux, ce sera une révélation.

Dans les deux cas, je suis gagnante. Nous attribuons donc 1 point supplémentaire au côté « aventure ».

Il faut dire aussi qu’aucun budget n’est illimité, je ne suis pas très amie avec Jay Z et Beyoncé et leur demander un prêt risque de s’avérer compliqué…
Du coup, le nerf de la guerre (et de la réussite?) subsiste: le budget.

Travailler pour vivre, je suis à 100% pour! C’est d’ailleurs l’une de mes motivations premières pour ce projet. Mais vivre Pékin Express ou Koh Lanta, ce n’est clairement pas pour moi (sinon je me serais inscrite).

Avant de partir (au sens large), il faut se connaître soi-même un minimum, savoir ce qui est fait pour nous et ce qui ne l’est pas, en laissant bien entendu la porte grande ouverte à tout ce qui pourrait se présenter. Mais sans oublier qui l’on a été jusque là.

Notre vécu, notre histoire et nos racines sont bien des choses qui pourront difficilement se revendre avant le départ comme les assiettes ou le meuble tv. On les prends donc avec nous.

Personnellement, une maison sur le dos (comme Franklin donc) et rien dans les poches, un peu dans l’esprit hippie de 69…Non.
En 30 ans de vie (bientôt 31 mais ce sera le prochain challenge), on peut dire ce que l’on veut, on est « conditionné » pour un certain mode de vie. Et il est impossible de changer cela en un coup de baguette magique. On peut le faire bien sûr mais cela prends du temps et beaucoup plus de réflexions sur le long terme.

Il faut donc respecter ce côté de soi-même que l’on chérit depuis tant d’années.
Le renier totalement c’est prendre le risque de vivre une aventure qui ne nous correspond pas et d’en être déçu, voir de revenir au point de départ en s’imaginant que c’est cela qui nous convient, une Comfort Zone et rien d’autre. Quel dommage!

La tête dans les nuages mais les pieds sur terre.

Nous avons la chance dans ce projet d’être « libres« .
Un endroit ne nous plait pas, on peut en changer. Le marché du travail n’est pas ouvert par là, on a la possibilité de faire ses valises pour aller voir ce qu’il se passe quelques centaines de kilomètres plus loin, on trouve un super boulot, super bien payé , on économise le maximum pour enfin faire le road trip de nos rêves.

J‘avais peur de ne pas partir avec une idée précise de ce que nous allions faire une fois sur place, et j’aurais encore certainement des jours de doute avant la date du grand départ.

Mais au moins, en écrivant ces quelques lignes, même si je n’ai en aucun cas dégrossi le problème, je sais que je pars avec moi-même. Ça, je tâcherai de ne pas l’oublier en route…

Vivre sur la route, peut-être pas. Mais qui sait ce que nous réservera l’avenir?
Dans quelques mois, je reviendrais peut-être avec une maison sur le dos…

Mais en tout cas, ce sera un univers entier que je rapporterai dans la tête.

Je suis… perdue

7 janvier 2015.
On attaque un journal satirique. Certains le trouvent drôle, d’autres le trouvent carrément déplacé.
Peu importe.
Cet évènement (tragique) à suscité un engouement affolant, tant sur la toile que dans les rues.

« Je suis Charlie« .

De là, est arrivée la seconde vague du tsunami. La réplique du séisme qui vient vous frapper dans le dos par surprise.
Plus violente encore.

La première vague a rasé une partie de l’humanité sur son passage, la seconde en a rapporté les déchets.

Déchets qui gisent aujourd’hui sur le sol, embaumant notre société d’une odeur putride et nauséabonde contre laquelle on ne peut veut rien faire.
On porte un masque pour atténuer l’odeur et des lunettes pour en changer la couleur. Mais ces détritus de la société qui pourrissent à la vue de tous sont toujours là aujourd’hui.
Plus présents que jamais.

Après le « Je suis Charlie », c’était surtout  » Je suis une cible »… chacun est devenu la cible de l’autre.
Certains se disait fiers de « ne pas être Charlie », d’autres le sortait à tout bout de champs, le ponctuant gaiement de « non mais ho, la liberté d’expression quoi!« ;
d’autres encore se sentaient assez supérieurs pour pouvoir dire qui était Charlie et qui ne l’était pas.

D’autres ont profité de cet acte de barbarie pour faire des amalgames :
« Si tu es Charlie, tu ferais bien d’être les indiens d’Amérique tués par milliers », « Si tu es Charlie, tu es aussi l’Afrique où des enfants meurent de faim chaque jour »,…

Si être Charlie pouvait éventuellement avoir du sens à un moment donné, aujourd’hui, c’est plutôt à contre-sens qu’on le clame.

Derrière leurs ordinateurs, certains donnaient des leçons, d’autres se sentaient forts et tenaient des propos si virulents qu’ils étaient aussi puissants qu’un tir de kalachnikov.

On a vu fleurir des photos de profil « Je suis Charlie » dès les premières minutes qui ont suivi l’attaque. Une marque de solidarité…
Or, aujourd’hui, on nous ressort cette phrase à toutes les sauces.
Pour montrer notre soutien aux atrocités du monde? Calmer sa conscience qui nous crie qu’on devrait se bouger un peu plus?
Probablement.

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Mais alors, a final, je suis qui?
Qui suis-je pour différencier les causes pour lesquelles je peux veux m’indigner de celles qui ne me touchent pas assez pour en porter la photo sur mon mur Facebook?
Est-ce une manière de se rattraper de ne pas avoir été Charlie (ou qui que ce soit) avant?

Je suis… perdue.

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L‘élan de « solidarité » découvert lorsque la première vague s’est retirée a été littéralement rasé, dévasté par la réplique de ce tsunami communautaire.
Une réplique aux propos violents, aux actes racistes, individualistes, un appel à la guerre par une voix qui se dit proclamer la paix.

Aujourd’hui, je ne suis plus Charlie. Cela n’a plus aucun sens.
Je ne suis pas Chloé, ni Julie et Mélissa; je ne suis pas Boko Haram, pas plus que je suis les civilisations décimées par la mondialisation, je ne suis pas ouvrier de Corée du Nord ou SDF de Paris. je suis 3

Cela veut-il dire que je ne suis personne? Pas sûre…
J‘essaie déjà d’être moi.
Avec des idées, des projets, des convictions, des croyances (ça dépend des jours), avec un regard sur le Monde qui m’entoure sans forcément le comprendre.
Et ce n’est pas facile…
Car après tout, être une cause ne vous définit pas.

Je suis ici…

Et c’est déjà bien.

New York… Une autre réalité.

Me voilà de retour…
Une fois encore, j’ai dû dire aurevoir à cette ville. Une fois encore, j’ai traversé le miroir et je regarde désormais New York depuis « l’autre côté ».

Chaque départ est un peu plus difficile. Car chaque voyage est un peu plus intense.
A New York, je ne peux m’empêcher de me sentir un peu comme Alice, dans un monde qui n’est pas vraiment le mien mais à la fois tellement plus proche de ma réalité.
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« Elle resta ainsi, les yeux fermés, croyant presque être au Pays des Merveilles, tout en sachant fort bien qu’il lui suffirait des les rouvrir pour retrouver la terne réalité. »

Un monde où le normal est éphémère et où le bizarre est quotidien. Un monde peuplé de personnages tantôt farfelus, tantôt sages.

Comme Alice, toutes mes rencontres avec ces personnages m’apprennent quelque chose.
Tout va tellement vite là-bas que je sais que je ne les reverrais pas de si tôt, peut-être jamais pour certains.
Je bois donc leurs paroles et leurs expériences. « Drink me« , me susurrent-ils à l’oreille.
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Grâce à eux, je passe par la petite porte qui m’emmène un peu plus loin dans cet autre monde.

New York influe sur moi sans me changer. Ou alors me change-t-il complètement?
Tout va plus vite, tout est plus fort, plus intense. Le goût des choses est différent. Ne pas se laisser emporter dans ce tourbillon est impossible.
Cela doit être la seule chose impossible à New York: rester identique.

 » Est-ce que, par hasard, on m’aurait changée au cours de la nuit ?
Réfléchissons : étais-je identique à moi-même lorsque je me suis levée ce matin ?
Je crois bien me rappeler m’être sentie un peu différente de l’Alice d’hier.
Mais, si je ne suis pas la même, il faut se demander alors qui je peux bien être ? »

Je m’ennuie vite de la réalité; à New York, j’ai cette possibilité de rencontrer tellement d’autres réalités qu’il m’est impossible de m’ennuyer. Je peux être fatiguée de ce tourbillon à la fois tellement réel et quasiment impalpable.C’est étourdissant.
Mais jamais je ne ressens de l’ennui.

Et à chaque départ, New York est comme le chat du Cheshire disparaissant sous les yeux impuissant d’Alice…
Laissant dans son sillage un sourire indescriptible. Ni amical, ni ennemi. Ni drôle, ni triste.

Juste un sourire.

« Et cette fois, il disparut très lentement, en commençant par le bout de la queue et en finissant par le sourire,
qui resta un bon bout de temps quand tout le reste eut disparu.
« Ma parole ! pensa Alice, j’ai souvent vu un chat sans un sourire, mais jamais un sourire sans chat !…
C’est la chose la plus curieuse que j’aie jamais vue de ma vie ! »

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Ce matin si particulier…

Octobre 2009.
Je m’éveille aux aurores.
Il est 5 heures, Paris dort toujours, la Belgique me semble déjà loin et j’allais découvrir comment Manhattan se réveille.
Un matin. Rien de plus banal qu’un jour qui se lève. Je n’étais pas chez moi et pourtant tout me semblait familier.
Pour moi, ce matin là était si particulier.

C’est sur un de ces tables rouges, un peu fraîche et humide de rosée, que je me suis posée.

Le café me brûlait les doigts mais c’était un sentiment bien plus fort qui consumait mon cœur.
J’étais là, à New York, seule mais tellement bien.
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Le soleil annonçait une belle journée mais je n’avais pas besoin de son approbation ce jour là. Ce serait une magnifique journée.

Time Square.
Parfois, j’oublie à quel point je l’ai apprécié ce matin là, ce matin si particulier.
J’étais seule ou presque. Les magasins étaient fermés, l’afflux de touristes pas encore arrivé.

Seuls quelques volatiles prenaient leur petit déjeuner avant de se faire chasser par les balayeurs.
Mouvement mécanique, probablement le même exécuté chaque jour à la même heure, sous le regard aveugle des enseignes publicitaires.

Ces écrans lumineux usant de mille éclats pour essayer de rivaliser avec le soleil lui-même. Pourtant aucune lumière ne pouvait briller plus que celle au fond de mes yeux….En ce matin si particulier.

Pour la première fois, j’avais quitté repères et amis, routine et confort pour m’aventurer seule dans les bras de cette inconnue.

Et pour la première fois, un matin ne m’a jamais paru aussi beau.

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